Critiques

Désillusions — Lames posées

Des lames posées sur les textes qui m'ont déçue — classées par nom d'auteur, pour que la déception reste une affaire de méthode.

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Le Disciplede Paul Bourget

Désillusion

Paul Bourget, 1889

Bourget veut démontrer, et l'on sent la démonstration à chaque page comme on sent une couture. Sixte et Greslou sont des marionnettes philosophiques que l'auteur agite au nom de la morale, du déterminisme et d'une certaine idée de la jeunesse qu'il faut sauver. Le crime est réel, le frisson ne vient jamais. Ce roman a fait pleurer les cours d'assises et les salons ; il m'a laissée de marbre, sauf au moment où le valet entre sans frapper.

Charlotteauxlettres, janvier 2025

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Graziellade Alphonse de Lamartine

Désillusion

Alphonse de Lamartine, 1852

La fille du pêcheur de Procida meurt pour que le poète puisse pleurer sur lui-même. Graziella est un chef-d'œuvre de mauvais goût sentimental : larmes, corail, volcan au loin, et cette jeune fille si parfaitement effacée qu'elle n'existe que comme prétexte. Lamartine se regarde aimer, et c'est cela qui est insupportable — pas l'amour, l'égoïsme. Je préfère cent fois la cruauté sèche de Rachilde à cette onction qui noie tout, jusqu'au nom de l'Italie.

Charlotteauxlettres, mars 2025

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Les lames restent posées, jamais jetées — la déception fait partie du dialogue.