Déperditions de phosphore

Ce sanctuaire a été érigé en l’an MMXXVI en l’honneur de la littérature classique, principalement française, surtout transgressive et particulièrement dans sa splendeur décadente.

Vous ne trouverez dans cette zone affranchie des conventions sociales aucune alerte compassionnelle ni aucun jugement moral, ni sur les œuvres, ni sur les artistes. Le jugement éthique s’efface devant la puissance esthétique du texte.

Parmi les thèmes qui irrigueront ce lieu, nous explorerons en priorité ceux qui touchent à la souveraineté de l'être : la désobéissance radicale, l'individualisme triomphant, la liberté comme évidence, et l'insoumission farouche face au sombre destin biologique qui guette les esprits distraits.

Nous nous attarderons particulièrement sur le regret de celles et ceux qui ont sombré – le regret maternel en premier lieu– afin d'en tirer les leçons que les vaincus nous ont léguées. La littérature qui nous intéresse ici ne décrit pas l'humain tel que la nature le voudrait, mais tel qu'il ose se réinventer au-delà.

« En faisant naître un idéal extrahumain dans cette âme qu'elle avait baignée et qu'une hérédité datant du règne de Henri III prédisposait peut-être, la religion avait remué l'illégitime idéal des voluptés ; des obsessions libertines et mystiques hantaient, en se confondant, son cerveau altéré d'un opiniâtre désir d'échapper aux vulgarités du monde, de s'abîmer, loin des usages vénérés, dans d'originales extases, dans des crises célestes ou maudites, également écrasantes par les déperditions de phosphore qu'elles entraînent.

— Joris-Karl Huysmans, A rebours, 1884

Ce site est un salon littéraire ouvert principalement la nuit. Il s'enrichit régulièrement. Entrez sans frapper quand la bougie est allumée.

Ajouts récents